
De petites pauses et séquences de marche de 5 minutes toutes les heures offrent le meilleur équilibre entre faisabilité et efficacité pour contrebalancer les effets néfastes de la station assise prolongée. Ces pauses améliorent significativement l’humeur et réduisent la fatigue sans altérer les performances, révèle cette étude, publiée dans le British Journal of Sports Medicine. Des résultats qui plaident pour l’intégration de petites pauses horaires dans les recommandations de santé publique et les directives d’activité physique.
La sédentarité s’accroît dans les pays riches dont les habitants sont sédentaires en moyenne 11 à 12 heures par jour. Ce niveau élevé d’inactivité est associé à un risque accru de nombreuses maladies chroniques et de mortalité. Si les études de laboratoire suggèrent que de brèves pauses avec mouvement constituent une option prometteuse pour compenser ces effets délétères, leur faisabilité dans la vraie vie et leur fréquence optimale restent à préciser.
Cette recherche teste justement 3 fréquences ou types de pauses dans des environnements professionnels réels.
« Nous confirmons que les pauses avec mouvement sont efficaces, et doivent faire partie des stratégies de santé publique », écrivent les auteurs qui précisent ici les conditions de leur mise en œuvre efficace dans le monde réel.
L’étude, menée auprès de 19.342 participants de tous âges, de professions et d’environnements de travail, a invité 11.484 participants à faire de petites marches de 5 minutes à une fréquence choisie parmi 30 minutes (6.108 participants), 60 minutes (9.116 participants) ou 120 minutes (4.118 participants) pendant 14 jours consécutifs, précédés de 7 jours de routine habituelle. Des relevés et des SMS quotidiens ont évalué fatigue, humeur et performances au travail. L’analyse révèle que :
- les 3 fréquences de pauses sont jugées faisables, acceptables et appropriées avec des scores supérieurs à 3 sur 5 sur les mesures standardisées de faisabilité, d’acceptabilité et d’adéquation ;
- la faisabilité est plus élevée aux fréquences de pauses plus faibles, tandis que l’acceptabilité et l’adéquation sont élevées pour les 3 fréquences ;
- la fatigue et l’humeur négative diminuent tandis que l’humeur positive augmente significativement pour les 3 fréquences, avec un effet dose-réponse ;
- les fréquences de 30 et 60 minutes dépassent les seuils de différence minimale cliniquement significative pour la fatigue et l’humeur positive, seule la fréquence de 30 minutes dépassant ce seuil pour l’humeur négative ;
-
la fréquence de 60 minutes offre le meilleur équilibre entre faisabilité et efficacité ;
- enfin, aucune des fréquences testées n’affecte négativement les performances ou l’engagement au travail, avec de petites améliorations favorables de 4 à 7 % pour l’engagement et de 1 à 3 % pour les performances.
Quelles implications ?
Ces résultats contredisent la crainte que ce type de pauses pourrait perturber la productivité au travail,
ce qui constitue le principal obstacle à sa mise en œuvre. L’intégration de pauses horaires de 5 minutes dans les recommandations d’activité physique constitue ainsi une stratégie de santé publique efficace pour les personnes sédentaires, particulièrement dans les environnements de travail de bureau.
Source: British Journal of Sports Medicine June 23, 2026 DOI: 10.1136/bjsports-2025-111221 Evaluating movement breaks as a public health strategy to mitigate the harms of prolonged sitting: a large-scale pragmatic intervention
Plus sur : La Sédentarité, la Station assise
